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Vidéo-protection à Pamiers: qu'en pensent les habitants?
23/04/2010 | 20:40
© MidiNews 2010
Non, il ne faut plus dire «vidéosurveillance»
Il faut employer le terme «vidéo- protection», et tout le monde semble très vite s’être mis au pas, puisque la première expression a rapidement laissé la place à la seconde, sûrement moins connectée «Big Brother»

Nous sommes allés avec ces deux mots en main dans les rues de Pamiers, pour mesurer l’enthousiasme des principaux intéressés: les habitants.

Le projet en cours dans la ville est le suivant: 6 caméras devraient faire leur entrée d’ici l’été, dans le secteur englobant la place de la République.

Pour les autorités locales (police, gendarmerie, parquet, préfecture), ces systèmes sont de véritables outils de protection des citoyens, en aidant par exemple à la résolution de nombreuses affaires, qui sans caméra seraient restées non résolues.

Mais pour les «anti» ou les sceptiques, ces vidéos seraient à double tranchant: «un outil dangereux de surveillance qui pourrait porter atteinte à nos libertés individuelles, dans une société qui traque déjà assez nos moindres faits et gestes»

Dans les rues appaméennes, ces deux tendances battent le pavé.
La majorité des passants interrogés disent se sentir en sécurité à Pamiers (avec un taux de criminalité de 35,68 faits constatés pour 1000 habitants en 2009, l’Ariège se place au 75ème rang des départements français).

Mais paradoxalement, ces mêmes personnes sont aussi souvent en faveur du nouveau système de surveillance: «on le sait, on dit beaucoup dans les médias qu’il y a beaucoup de violence» explique une jeune femme.

Les commerçants de leur côté, semblent ravis du projet.

Le but de la vidéosurveillance est avant tout de faire baisser la délinquance de proximité (vols à main armée, vols avec violence, destructions, dégradations, etc.), à laquelle ils sont directement exposés.

«Je tiens une pharmacie, raconte l’une d’entre elles, et il y a beaucoup de vols. Je vais me sentir plus sécurisée, si la police accepte de jouer le jeu»

Idem pour cette responsable d’une bijouterie, qui aura d’ailleurs une caméra posée sur son immeuble.

Elle explique, «je ne pense pas que ce soit une atteinte aux libertés privées, c’est un faux argument.

Ceux qui ont des choses à se reprocher redouteront les caméras. Mais ceux qui n’ont rien à craindre pourront continuer à vivre normalement
»

Pour les plus récalcitrants, un vrai problème de priorités se pose.

Pour ce jeune homme, «dans un petit «bled» comme ici, dépenser autant d’argent dans ça, alors qu’il y a tant de besoins pour l’emploi, les associations, etc., c’est choquant.
C’est une question de priorités politiques, on ne doit pas avoir les mêmes»
En ce qui concerne le coût de l’installation, selon Jean-Marie Nau, directeur du pôle sécurité de la mairie, «l’investissement à fournir s’échelonnera entre 100 000 euros et 120 000 euros, et sera financé à 40% par un Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance.

Actuellement, l’appel d’offres est ouvert et les entreprises sont en phase de candidature
»

En Ariège, Pamiers n’est pas novatrice avec ce projet. Des caméras ont déjà fait leur entrée à Saint-Girons.

Et le maire de Mazères a lui aussi annoncé il y a peu l’installation de 5 caméras de surveillance.

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